Étude de cas patient | FIV à Reproclinic
Le couple s’est présenté à notre clinique après trois années d’infertilité primaire. Les deux partenaires étaient âgés de 32 ans lors de la première consultation.
La patiente présentait des antécédents gynécologiques significatifs, notamment une adénomyose et une hyperplasie de l’endomètre. Elle avait déjà subi deux hystéroscopies avec curetage endométrial (en 2016 et en 2019) dans le cadre du traitement de cette pathologie. Son dossier médical était également marqué par une obésité, une diminution de la réserve ovarienne ainsi qu’une tendance à l’anémie ferriprive liée à des saignements menstruels abondants de longue date.
Elle rapportait des cycles menstruels irréguliers avec des règles prolongées durant environ huit jours. Avant son projet de grossesse, elle avait utilisé une contraception orale combinée pendant plus de dix ans. Ses antécédents obstétricaux étaient G0P0. Elle ne signalait aucun antécédent d’infection sexuellement transmissible, d’allergie ou d’autres pathologies médicales importantes. Son traitement habituel consistait en une supplémentation orale en fer, complétée ponctuellement par des perfusions intraveineuses lors d’épisodes de saignements particulièrement importants.
Le partenaire masculin était globalement en bonne santé. Son seul antécédent chirurgical notable était une correction de déviation de la cloison nasale. Il ne présentait ni antécédent de troubles de la fertilité, ni maladie chronique, ni traitement au long cours. Il déclarait toutefois fumer environ 15 cigarettes par jour.
Après trois années de tentatives de conception naturelle sans succès, le couple a décidé de consulter un spécialiste de la médecine reproductive.
Diagnostic
Chez la patiente
Les examens ont permis de poser les diagnostics suivants :
- Infertilité primaire.
- Adénomyose.
- Antécédents d’hyperplasie endométriale récidivante ayant nécessité un traitement chirurgical.
- Diminution de la réserve ovarienne.
- Obésité.
- Saignements utérins anormaux chroniques avec anémie ferriprive secondaire.
L’association de l’adénomyose, des antécédents de pathologie endométriale, de l’obésité et d’une faible réserve ovarienne représentait une situation particulièrement complexe, susceptible d’affecter à la fois l’implantation embryonnaire et la réponse ovarienne à la stimulation.
Chez le partenaire
Le bilan de fertilité masculin n’a révélé aucune anomalie significative en dehors du tabagisme. Le spermogramme présentait des paramètres normaux et aucun facteur masculin d’infertilité n’a été diagnostiqué.
Protocoles et traitements mis en œuvre
Compte tenu de l’âge de la patiente et de sa faible réserve ovarienne, une stratégie personnalisée de FIV-ICSI a été élaborée.
Un prétraitement par contraception orale combinée a d’abord été instauré afin de favoriser la synchronisation folliculaire avant la stimulation ovarienne. Celle-ci a ensuite été réalisée selon un protocole antagoniste de la GnRH, associé à des gonadotrophines recombinantes FSH et LH à raison de 300 UI par jour.
L’évolution folliculaire a été satisfaisante tout au long du traitement, avec une croissance relativement homogène des follicules. La stimulation ovarienne a duré 13 jours. Lorsque les follicules ont atteint une maturité adéquate, le déclenchement de l’ovulation a été effectué à l’aide d’hCG et d’un agoniste de la GnRH, suivi d’une ponction ovocytaire transvaginale sous sédation.
Trois complexes cumulo-ovocytaires (COC) ont été recueillis. Les trois ovocytes étaient matures (stade MII) et ont bénéficié d’une injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI). Une fécondation normale a été obtenue pour deux ovocytes sur trois.
La culture embryonnaire a ensuite été poursuivie jusqu’au stade blastocyste afin de permettre une sélection optimale de l’embryon.
Résultats avant le transfert embryonnaire
Malgré la faible réserve ovarienne et le nombre limité d’ovocytes recueillis, le développement embryonnaire s’est révélé très satisfaisant.
Parmi les deux embryons normalement fécondés, l’un a atteint le stade de blastocyste de haute qualité au cinquième jour de développement, avec une classification 4AA.
Compte tenu de l’excellente qualité embryonnaire, du développement favorable de l’endomètre et de l’absence de contre-indication médicale, il a été décidé de procéder à un transfert frais.
Le transfert embryonnaire
Un transfert électif d’un seul embryon (SET) a été réalisé au cinquième jour de développement à l’aide du blastocyste 4AA.
L’intervention s’est déroulée sans complication et sous contrôle échographique.
Après le transfert : grossesse et résultat final
- Le transfert embryonnaire frais a conduit à un test de grossesse positif, puis à la confirmation d’une grossesse intra-utérine évolutive.
- La grossesse s’est déroulée sans complication majeure signalée et est arrivée à terme avec succès.
- Le couple a finalement accueilli une petite fille en bonne santé.
Ce résultat est particulièrement encourageant compte tenu de la présence simultanée de plusieurs facteurs habituellement associés à une baisse du potentiel reproductif : faible réserve ovarienne, adénomyose, obésité, antécédents de pathologie endométriale et tabagisme masculin.
Fréquence de ce type de situation dans notre clinique
Les patients présentant plusieurs facteurs d’infertilité concomitants sont fréquemment rencontrés en médecine de la reproduction.
L’association spécifique d’une adénomyose, d’une obésité et d’une diminution de la réserve ovarienne chez une femme jeune est moins fréquente, mais reste loin d’être exceptionnelle. Ces situations nécessitent généralement une prise en charge hautement individualisée ainsi qu’un suivi multidisciplinaire étroit.
Il est également important de souligner que de nombreux couples présentant un profil similaire n’ont jamais entrepris de traitement de fertilité auparavant. Ils recherchent avant tout des réponses concernant les causes de leur infertilité ainsi qu’une compréhension claire des différentes options thérapeutiques disponibles. Une part essentielle de notre mission consiste donc à fournir des informations fondées sur les données scientifiques, à expliquer les avantages et les limites de chaque approche et à accompagner les patients dans des choix alignés avec leurs valeurs et leurs objectifs de parentalité.
Mot de l’équipe médicale
Ce cas illustre l’importance d’une prise en charge personnalisée de l’infertilité et démontre qu’il est possible d’obtenir une issue favorable même en présence de plusieurs facteurs pronostiques défavorables.
Bien que la patiente présentait plusieurs conditions susceptibles de réduire les chances de succès reproductif, son jeune âge, sa réponse satisfaisante à la stimulation, l’excellente qualité embryonnaire obtenue et l’optimisation minutieuse de la stratégie thérapeutique ont largement contribué à ce résultat positif.
Ce cas rappelle également que les marqueurs de réserve ovarienne ne doivent jamais être interprétés isolément. Une réserve ovarienne diminuée peut être associée à un nombre plus faible d’ovocytes recueillis, sans pour autant prédire une mauvaise qualité embryonnaire ni empêcher l’obtention d’une naissance vivante. Les décisions thérapeutiques doivent toujours être prises à la lumière de l’ensemble du contexte clinique et non d’un seul facteur pronostique.
