En France, une patiente qui a besoin d’un don d’ovocytes attend en moyenne 22 mois. C’est le chiffre publié par l’Agence de la biomédecine pour 2025, avec plus de 2 700 personnes encore en attente à la fin de l’année. À l’étranger, en Espagne, en Grèce, en République tchèque ou à Chypre du Nord, la plupart des cliniques attribuent une donneuse en quelques semaines. C’est la première raison pour laquelle tant de Françaises partent. Ce guide est écrit pour elles : ce que permet la France, ce que changent les autres pays, combien coûte une FIV avec don d’ovocytes à l’étranger, ce qui peut être remboursé et comment s’organise le parcours depuis chez vous.

Pourquoi les patientes françaises partent pour un don d’ovocytes
Le don d’ovocytes est autorisé en France, et il est pris en charge par l’Assurance Maladie. Le problème n’est pas la loi, c’est l’accès. Les donneuses sont peu nombreuses : 1 050 en 2025, selon le bilan d’activité de l’Agence de la biomédecine. C’est plus que l’année précédente (929), mais l’attente reste longue : 22 mois en moyenne en 2025, à peine moins que l’année d’avant (24 mois).
Pour une femme de 41 ou 42 ans, deux ans d’attente changent tout. En France, le transfert d’embryon n’est possible que jusqu’au 45e anniversaire. Une patiente qui s’inscrit à 43 ans risque donc de ne jamais être appelée.
Trois autres raisons reviennent souvent :
- L’âge. Au-delà de 45 ans, un don d’ovocytes n’est possible qu’à l’étranger. Selon les pays, les cliniques acceptent les patientes jusqu’à 48, 50, 54 ou 55 ans.
- L’anonymat. En France, un enfant né d’un don peut connaître l’identité de la donneuse à sa majorité. En Espagne, en Grèce, en République tchèque et à Chypre du Nord, le don reste anonyme. Certaines patientes le préfèrent, d’autres non. C’est un choix à faire en connaissance de cause.
- Le double don. Quand il faut à la fois des ovocytes et des spermatozoïdes de donneurs, il faut aussi attendre un donneur en France. À l’étranger, le double don se fait dans le même cycle.
Notre enquête auprès de 1 189 patients le confirme. Parmi les 65 répondants français, le don d’ovocytes revient 36 fois parmi les traitements recherchés, et la loi française est citée comme motif de départ deux fois plus souvent que le prix (34 mentions contre 16).
Don d’ovocytes en France ou à l’étranger : ce qui change
Le tableau ci-dessous compare la France aux cinq pays où partent la plupart de nos lectrices. Les âges sont ceux appliqués par les cliniques, qui sont parfois plus stricts que la loi. Les prix sont ceux de nos fiches cliniques, pour une FIV avec don d’ovocytes hors médicaments de la receveuse et hors voyage.
| Pays | Âge maximum de la receveuse | Délai pour une donneuse | Don anonyme | Femme seule | Prix indicatif | Remboursement possible (S2) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| France | Jusqu’au 45e anniversaire | 22 mois en moyenne | Non (accès à l’identité à 18 ans) | Oui | Pris en charge | – |
| Espagne | Pas de limite légale, 50 ans dans la plupart des cliniques | Quelques semaines | Oui | Oui | 5 900 à 8 500 € | Oui, sous conditions |
| Grèce | 54 ans (autorisation à partir de 50 ans) | Quelques semaines | Oui | Oui | 5 500 à 6 300 € | Oui, sous conditions |
| République tchèque | Jusqu’à la veille des 49 ans | Quelques semaines | Oui | Non (couples hétérosexuels) | 4 800 à 5 900 € | Oui, sous conditions |
| Portugal | 50 ans | Variable | Non (accès à l’identité à 18 ans) | Oui | 6 000 à 8 000 € | Oui, sous conditions |
| Chypre du Nord | 55 ans selon les cliniques | Quelques semaines | Oui | Selon les cliniques | 6 750 à 7 000 € | Non (hors Union européenne) |
Pour le détail des âges pays par pays, nos collègues des Les Amis du Don d’Ovocytes ont fait le point sur l’âge limite en France et à l’étranger. Ce site fait partie du même groupe que le nôtre, IVF Media, et il est entièrement consacré au don d’ovocytes.
Quel pays choisir pour un don d’ovocytes ?
Il n’y a pas de meilleur pays dans l’absolu. Le bon choix dépend de votre âge, de votre situation familiale et de ce que vous pensez de l’anonymat de la donneuse.
Espagne. 72 % des patientes françaises de notre enquête envisagent l’Espagne, et ce n’est pas un hasard. Le don y est anonyme, les donneuses sont nombreuses et il n’y a pratiquement pas de liste d’attente. Beaucoup de cliniques ont une équipe francophone, et Madrid, Barcelone et Alicante sont à environ deux heures de vol de Paris. La loi ne fixe pas d’âge maximum, mais la plupart des cliniques s’arrêtent à 50 ans. Voir notre page sur la PMA en Espagne, et le guide détaillé des Amis du Don d’Ovocytes sur le don d’ovocytes en Espagne : prix, délai et âge limite.
Grèce. C’est l’option des femmes de plus de 50 ans. La loi grecque autorise le traitement jusqu’à 54 ans, avec des examens et un courrier médical supplémentaires entre 50 et 54 ans. Le don est anonyme, l’attente quasi inexistante et les prix plus bas qu’en Espagne. Voir la FIV en Grèce.
République tchèque. Ce sont les prix les plus bas des pays de ce guide, avec des cliniques qui ont des coordinatrices francophones. Mais la PMA y est réservée aux couples hétérosexuels, et l’âge maximum est fixé par la loi à 48 ans et 364 jours. Voir la FIV en République tchèque.
Portugal. C’est le seul pays de cette liste où le don n’est pas anonyme. Comme en France, l’enfant peut connaître l’identité de la donneuse à 18 ans. Pour les patientes qui veulent laisser cette porte ouverte, c’est souvent la première destination à regarder. Le Portugal accueille aussi les couples de femmes, avec la méthode ROPA. Voir la PMA au Portugal.
Chypre du Nord. Les cliniques acceptent des patientes jusqu’à 55 ans, et les receveuses reçoivent beaucoup d’informations sur la donneuse : âge, taille, couleur des yeux et des cheveux, groupe sanguin, études. En revanche, Chypre du Nord n’est pas dans l’Union européenne : aucun remboursement n’est possible, et il faut passer par la Turquie ou par le sud de l’île pour y arriver. Voir la FIV à Chypre du Nord.
Si vous avez plus de 50 ans, lisez aussi notre article sur la FIV après 50 ans en Espagne.
Combien coûte un don d’ovocytes à l’étranger ?
Comptez le plus souvent entre 4 800 € et 8 500 € pour un cycle de FIV avec don d’ovocytes dans les cliniques de ce guide. Quelques forfaits d’entrée de gamme, avec moins d’ovocytes garantis, coûtent moins. L’écart vient surtout de ce que comprend le forfait :
- le nombre d’ovocytes ou d’embryons garantis (par exemple 8 ovocytes matures, ou 2 blastocystes),
- ovocytes frais ou congelés : à UR Vistahermosa, le cycle coûte 7 150 € avec des ovocytes frais et 5 900 € avec des ovocytes congelés,
- la congélation des embryons restants et le premier transfert d’embryon congelé,
- les médicaments de la donneuse, en général inclus, et les vôtres, en général en plus.
Ajoutez le voyage et l’hébergement pour un séjour de 2 à 4 jours, et la préparation de l’endomètre, que vous pouvez faire en France.
Certaines cliniques proposent des programmes avec plusieurs tentatives ou un remboursement en cas d’échec. Ils coûtent plus cher au départ et ne conviennent pas à tout le monde : voir notre article sur les programmes de remboursement de FIV. Les Amis du Don d’Ovocytes ont aussi comparé les principaux programmes de don d’ovocytes en Europe, avec le nombre d’ovocytes garantis par chaque clinique.
Pour une première estimation de votre budget, utilisez notre calculateur du coût de la FIV.
Le don d’ovocytes à l’étranger est-il remboursé ?
En partie, et sous conditions. Un traitement réalisé dans l’Union européenne peut être remboursé par l’Assurance Maladie sur la base des tarifs français, si trois conditions sont réunies :
- le traitement est autorisé en France,
- il ne peut pas être obtenu en France dans un délai médicalement acceptable, ce qui est le cas du don d’ovocytes,
- vous avez obtenu un accord préalable avant le départ (formulaire S2).
Les limites françaises s’appliquent : pas de prise en charge après le 45e anniversaire, et aucun remboursement pour un traitement à Chypre du Nord, qui est hors de l’Union européenne. Le remboursement ne couvre qu’une partie du prix payé à la clinique.
Le détail de la démarche, avec les pièces à fournir et les délais, est expliqué par Les Amis du Don d’Ovocytes dans leur guide sur le remboursement d’une PMA à l’étranger (CNSE, formulaire S2). Pour le cadre général, voir aussi notre article sur le coût de la PMA en France.
La donneuse : anonymat, appariement, peut-on la choisir ?
C’est une question que beaucoup de patientes françaises se posent, et la réponse surprend souvent : dans la plupart des pays, ce n’est pas vous qui choisissez la donneuse, c’est la clinique.
En Espagne, en Grèce et en République tchèque, la loi impose l’anonymat. La clinique sélectionne une donneuse qui vous ressemble physiquement (couleur de peau, des yeux et des cheveux, taille, morphologie) et qui a un groupe sanguin compatible. Vous ne voyez ni photo ni nom. Vous pouvez en revanche indiquer vos préférences, et certaines cliniques demandent des photos de vous pour affiner l’appariement.
À Chypre du Nord, le don est anonyme aussi, mais les cliniques donnent davantage d’informations sur la donneuse. Au Portugal, le don n’est pas anonyme : l’enfant pourra connaître l’identité de la donneuse à 18 ans.
Dans tous les pays de ce guide, les donneuses passent des examens médicaux, génétiques et psychologiques. Elles ont en général entre 18 et 35 ans. Demandez à la clinique quels tests génétiques sont faits, et si elle utilise des ovocytes frais ou congelés.
Une dernière chose à penser avant de partir : en France, l’enfant né d’un don a le droit de connaître ses origines. Avec un don anonyme à l’étranger, il ne pourra pas connaître l’identité de la donneuse. Beaucoup de familles s’y préparent avec un psychologue, et c’est une conversation à avoir tôt.
Comment se passe le parcours depuis la France
Un don d’ovocytes à l’étranger demande en général un seul voyage. Le reste se prépare chez vous.
- Le premier contact. La consultation se fait souvent en visioconférence, en français dans la plupart des cliniques de ce guide. Envoyez vos comptes rendus traduits avant le rendez-vous.
- Les examens. Les bilans demandés (sérologies, bilan hormonal, spermogramme pour le conjoint) peuvent être faits dans un laboratoire près de chez vous.
- L’attribution de la donneuse. La clinique choisit la donneuse et synchronise son cycle avec le vôtre, ou utilise des ovocytes congelés.
- La préparation de l’endomètre. Vous prenez un traitement hormonal et faites les échographies de contrôle chez votre gynécologue.
- Le voyage. Vous partez pour 2 à 4 jours, au moment du transfert d’embryon. Si le conjoint fournit le sperme, il doit souvent être présent le jour de la ponction de la donneuse, ou avoir congelé un échantillon à l’avance.
- Le retour. Le test de grossesse et le suivi se font en France.
Une ordonnance d’un médecin d’un autre pays de l’Union européenne peut être présentée en pharmacie en France. Et si vous êtes salariée, le Code du travail vous donne droit à des absences autorisées pour les actes médicaux de la PMA.
Les cliniques que les patientes françaises choisissent le plus
Les cliniques ci-dessous sont celles que les patientes choisissent le plus souvent pour un don d’ovocytes, d’après le nombre de demandes que nous recevons et les retours des cliniques elles-mêmes. Toutes accueillent des patientes françaises, et nous en avons visité la plupart.
| Clinique | Ville | Don d’ovocytes à partir de | Âge maximum |
|---|---|---|---|
| Clinica Tambre | Madrid | 6 500 € | 50 ans |
| UR Vistahermosa | Alicante | 5 900 € (ovocytes congelés) | 50 ans |
| Barcelona IVF | Barcelone | 3 850 € (4 ovocytes garantis) | 50 ans |
| emBIO | Athènes | 5 500 € | 54 ans |
| Pelargos IVF | Athènes | 6 300 € | 54 ans |
| Gynem | Prague | 4 900 € | 48 ans |
| UNICA | Prague et Brno | 4 800 € | 48 ans |
| Dunya IVF | Kyrenia | 7 000 € | 55 ans |
| Cyprus IVF Hospital | Famagouste | 6 750 € | 55 ans |
Les prix sont ceux annoncés par les cliniques et peuvent changer : demandez toujours un devis écrit et détaillé. Pour comparer les cliniques au-delà du prix, lisez notre guide pour choisir la meilleure clinique PMA à l’étranger, et nos comptes rendus de visite chez Clinica Tambre, UR Vistahermosa, Barcelona IVF, emBIO, Gynem, UNICA, Dunya IVF et Cyprus IVF Hospital.
Taux de réussite du don d’ovocytes
Le don d’ovocytes donne de meilleurs résultats qu’une FIV avec ses propres ovocytes après 40 ans, parce que les ovocytes viennent de femmes jeunes. En Espagne, de nombreuses cliniques déclarent à la Société espagnole de fertilité des taux de réussite supérieurs à 50 % par cycle.
Méfiez-vous pourtant des comparaisons rapides. Un taux de grossesse n’est pas un taux de naissance, et un taux par transfert n’est pas un taux par cycle. Nous expliquons pourquoi les chiffres semblent plus élevés hors de France dans notre article pourquoi les taux de réussite du don d’ovocytes semblent-ils plus élevés à l’étranger ?
Si vous envisagez plutôt un don d’embryons, voir notre guide sur le don d’embryons : coûts et disponibilité.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur pays pour un don d’ovocytes ?
Il dépend de votre situation. L’Espagne est le premier choix des patientes françaises : don anonyme, pas d’attente, équipes francophones et vols courts. La Grèce et Chypre du Nord conviennent aux femmes de plus de 50 ans. La République tchèque est la moins chère mais réservée aux couples hétérosexuels. Le Portugal est le seul de ces pays où le don n’est pas anonyme, comme en France.
Combien coûte un don d’ovocytes en Espagne ?
Entre 5 900 € et 8 500 € pour un cycle de FIV avec don d’ovocytes, selon la clinique et le nombre d’ovocytes ou d’embryons garantis. Ajoutez vos médicaments, le voyage et l’hébergement. Une partie peut être remboursée par l’Assurance Maladie avec un accord préalable (formulaire S2).
Quel est le délai pour un don d’ovocytes en France ?
22 mois en moyenne en 2025, selon l’Agence de la biomédecine, contre 24 mois l’année précédente. Plus de 2 700 personnes étaient encore en attente à la fin de 2025. À l’étranger, la plupart des cliniques attribuent une donneuse en quelques semaines.
Jusqu’à quel âge peut-on recevoir un don d’ovocytes ?
En France, jusqu’au 45e anniversaire. À l’étranger, cela dépend du pays et de la clinique : environ 49 ans en République tchèque, 50 ans dans la plupart des cliniques espagnoles et portugaises, 54 ans en Grèce et jusqu’à 55 ans dans certaines cliniques de Chypre du Nord.
Le don d’ovocytes à l’étranger est-il remboursé ?
En partie, pour un traitement dans l’Union européenne, si vous avez obtenu l’accord préalable de l’Assurance Maladie avant le départ (formulaire S2) et si vous respectez les conditions françaises, notamment l’âge. Le remboursement se fait sur la base des tarifs français. Il n’y a aucun remboursement pour Chypre du Nord.
Peut-on choisir sa donneuse d’ovocytes à l’étranger ?
Non, dans la plupart des pays. En Espagne, en Grèce et en République tchèque, c’est la clinique qui choisit une donneuse qui vous ressemble physiquement et dont le groupe sanguin est compatible. Vous pouvez exprimer des préférences, mais vous ne voyez ni photo ni identité. Chypre du Nord donne plus d’informations sur la donneuse, et au Portugal le don n’est pas anonyme.
Combien de voyages faut-il prévoir ?
En général un seul, de 2 à 4 jours, pour le transfert d’embryon. La consultation peut se faire en visioconférence, et les examens comme la préparation de l’endomètre se font en France. Si le conjoint fournit le sperme, il doit parfois venir le jour de la ponction de la donneuse, sauf s’il a congelé un échantillon.
Si vous avez besoin d’aide pour choisir une clinique de don d’ovocytes à l’étranger, accordez-nous 3 minutes, vous gagnerez plusieurs heures.
Répondez à quelques questions avec notre test de correspondance clinique. Nous analysons vos besoins et sélectionnons trois cliniques à l’étranger qui correspondent à votre situation. Elles vous contactent directement sous un à deux jours ouvrables.
